Québec 2019: La clé du succès

Depuis le début de ma campagne, j’insiste énormément sur l’importance pour le prochain chef du NPD d’être en mesure de regagner la confiance des Québécois et Québécoises dans toutes les régions et pouvoir unir nos forces partout au pays.

Lorsque Jack Layton est devenu chef de notre parti en 2003, l’objectif d’accroître nos appuis au Québec était une priorité. Après tout, le Québec était l’endroit au pays où les idées sociales- démocrates fleurissaient, notamment la nationalisation de l’électricité, le haut taux de syndicalisation, la vigueur des mouvements et groupes sociaux, la création des centres de la petite enfance, l’équité salariale.

Le travail était colossal. Jusque là, l’histoire du NPD au Québec depuis les années 1960 avait été une série d’échecs, notamment en raison de positions confuses sur la question nationale, qui a dominé la scène politique québécoise depuis la révolution tranquille et sur les velléités centralisatrices de l’offre politique du NPD, qui ne correspondait pas aux attentes des Québécois et Québécoises.

Jack et son équipe du Québec, dont je faisais partie, a donc pris le taureau par les cornes afin de moderniser l’offre politique du NPD pour le Québec.  Ce virage politique courageux a pris la forme de l’adoption par le parti de la Déclaration de Sherbrooke en 2006.

La Déclaration de Sherbrooke, encore aujourd’hui au coeur du programme du parti, a mis le NPD au diapason du Québec permettant aux Québécois et Québécoises de jeter un nouveau regard au seul parti social-démocrate du Canada.

En adoptant la Déclaration de Sherbrooke, le NPD reconnaît le caractère national du Québec, qui repose notamment sur :

  • une société à majorité francophone, dont le français est reconnu comme langue de travail et langue commune de l’espace public;

  • une culture spécifique, unique en Amérique, qui s’exprime par un sentiment d’identité et d’appartenance au Québec;

  • une histoire spécifique;

  • des institutions politiques, économiques, culturelles et sociales propres, incluant les institutions étatiques et celles présentes dans la société civile

 La Déclaration de Sherbrooke affirme aussi le droit à l’autodétermination du Québec par la règle de la majorité simple. De plus, Le NPD adopte les principes du fédéralisme asymétrique, la meilleure façon de conjuguer l’État fédéral canadien avec la réalité du caractère national du Québec.

Le principe d’asymétrie signifie que le Québec doit avoir les moyens qui lui sont propres, notamment en matière d’identité et de langue française. L’asymétrie permet aussi au Québec d’avoir un droit de retrait avec pleine compensation lors de dépenses fédérales dans ses champs de compétences.

Jack était persuadé qu’une percée au Québec paverait la voie vers un premier gouvernement NPD à Ottawa. Il avait tout à fait raison, et c’est encore vrai aujourd’hui.

En 2015, malgré une campagne électorale difficile, notamment au Québec, le NPD a réussi à élire 16 députés et députées de grande qualité, et ce, dans presque toutes les régions du Québec. Un Québécois sur quatre nous a octroyé sa confiance face au tsunami libéral. Nous avons de bonnes fondations, et nous devons maintenant reconstruire la maison.

Le rapport sur le post-mortem de l’élection de 2015 est clair : Nous devons nous assurer qu’en 2019, nous puissions offrir une plate-forme spécifique aux Québécois et Québécoises.

 

Pour être prêt pour la prochaine campagne électorale en 2019, voici ma proposition d’un plan de pour le Québec:

  1. Un plan progressiste audacieux

Depuis le début de la course, j’ai mis de l’avant une série de propositions ambitieuses qui transformerait radicalement le pays, en misant sur l’intérêt collectif et en ne laissant plus personne pour compte. Je suis convaincu que mon plan audacieux est une carte gagnante pour reconquérir le coeur de Québécois et Québécoises, en plus d’être un socle pour unir toutes les forces progressistes au pays.

Mon plan progressiste est au diapason de l’évolution du Québec au cours des 40 dernières années, je propose l’instauration d’un revenu de base pour lutter contre la pauvreté, une réforme majeure de notre système fiscal afin que les plus nantis d’entre nous et les grandes compagnies paient enfin leur juste part. Une lutte de tous les instants contre l’évasion fiscale, les criminels en cravate et les paradis fiscaux. J’ai mis de l’avant un plan substantiel de Justice climatique pour lutter contre la menace du siècle et effectuer une transition vers les énergies renouvelables en soutenant nos travailleurs.

      2. Actualiser notre offre politique au Québec en se basant sur le caratère national du Québec, notamment:

      a) Appliquer la loi 101 dans les entreprises sous juridiction fédérale en territoire québécois

Le français est une langue officielle du Canada et la langue officielle du Québec. La loi 101 a été centrale au maintien du caractère francophone du Québec, et le gouvernement fédéral devrait soutenir le Québec afin que le français puisse continuer d’être au coeur de l’identité québécoise.

Sous Jack Layton, le NPD a appuyé l’adoption d’un projet de loi sur l’application de la loi 101 dans les entreprises sous juridiction fédérale en territoire québécois. Malheureusement, Libéraux et Conservateurs s’y ont opposée.

Sous mon leadership, je proposerais que l’application de la loi 101 dans les institutions fédérales en territoire québécois soit un engagement électorale.

 

     b) Reconnaître que l’Assemblée Nationale du Québec a tous les pouvoirs et droits de légiférer sur les questions de laïcité et de vivre-ensemble dans sa jurisdiction.

La laïcité est une valeur profondément progressiste qui se décline de différentes manières à travers le monde démocratique. Les modèles d’application de la laïcité diffèrent dans les pays démocratiques et sont adaptés aux valeurs, à la culture et à l’histoire des sociétés respectives.

Depuis la Révolution tranquille, le Québec a mis la laïcité et la neutralité religieuse de l’État au coeur de son évolution. Il est manifeste que l’histoire de la mainmise de la religion sur la vie quotidienne des Québécois et Québécoises est profondément différente que celle dans le reste du pays.

L’histoire de l'influence de la religion catholique au Québec marque jusqu’à ce jour les débats sur l’application de la laïcité au Québec. À ce titre, les quatre partis politiques représentés à l’Assemblée Nationale du Québec aujourd’hui ont des propositions sur l’application du principe de laïcité.

Le PLQ, le PQ, la CAQ et Québec Solidaire défendent chacun le principe de l’interdiction du visage couvert dans les services publics. De plus, le PQ, la CAQ et Québec Solidaire proposent aussi l’interdiction du port de signes religieux pour les personnes en autorité représentant l’État, tel que les policiers, les gardiens de prisons, les procureurs et les juges.

La vision différente du Québec en matière de laïcité par rapport à celle dans le reste du Canada n’est pas un courant minoritaire, mais bien un vaste consensus de la classe politique québécoise. Les dix dernières années de débats sur la question au Québec n’ont pas encore mené à un consensus sur le modèle à suivre, mais en mettant de l’avant de reconnaître que l’Assemblée Nationale à tous les pouvoirs dans sa jurisdiction sur cette question, j’affirme un état de fait et surtout que le rôle d’un chef du NPD est de respecter le caractère national du Québec.

Ma position personnelle sur le port de signe religieux est claire, je ne crois pas que l’État devrait dire ou ne pas dire aux gens quoi porter. Plusieurs Québécois et Québécoises pensent comme moi, mais en bout de ligne, je suis convaincu que la décision doit revenir à l’Assemblée Nationale du Québec.

 

      c) Légiférer sur l’obligation du bilinguisme chez les juges de la Cour suprême.

Les francophones du Québec et du Canada ont le droit d’être entendu et compris dans leur langue d’usage par le les juges du plus haut tribunal du pays.

Nous ne pouvons nous résoudre à être simplement soumis à la bonne volonté des Premiers Ministres qui se succèdent. Ilest temps de légiférer sur l’obligation du bilinguisme chez les juges de la Cour suprême afin que les francophones au pays aient une égalité de traitement.

 

     d) Être ouvert au dialogue pour qu’à terme, avec son consentement, le Québec puisse signer la Constitution.

La non-signature de la Constitution de 1982 par le Québec est une erreur historique qu’il faudra réparer. Que la deuxième plus grande province du pays, celle étant le foyer principal francophone au pays, n’ait pas signé le document fondamental ne peut être considéré comme un simple petit détail de l’histoire.

Depuis 1982, il y a eu des tentatives de remédier à la situation, sans succès. Je comprends que le mot constitution est un signal d’alarme voir un tabou pour de nombreux Canadiens et Canadiennes, incluant la grande majorité de la classe politique. Mais, je réfute la thèse que la loi fondamentale de notre pays est intouchable, qu’il s’agirait d’une distraction par rapport aux “vrais” enjeux.

Notre constitution doit être le reflet de l’évolution de notre pays et notre société. J’adhère à la vision qu’il s’agit d’un arbre vivant qui doit s’adapter à des réalités changeantes. Et un Québec non signataire est une réalité qu’on ne peut effacer.

Le gouvernement du Québec actuel a mis de l’avant une proposition constructive de dialogue. D’autres gouvernements du Québec à l’avenir pourraient aussi vouloir une démarche de bonne foi. En tant que futur chef du NPD, je serais ouvert au dialogue avec le Québec afin de corriger à terme une erreur historique.

Soyons clairs, je ne crois pas ce chantier sera ouvert à court terme, d’ailleurs même le gouvernement actuel du Québec ne le demande pas. 25 ans de silence sur le sujet a fortement favorisé l’immobilisme, c’est une évidence. Par contre, je crois qu’il est le devoir d’un chef fédéral de tendre l’oreille et de discuter de bonne foi.  Car comme le vieil adage le dit, Il faudra apprendre à marcher avant de courir.

 

      3. Revigorer l’organisation du parti au Québec

La clé du succès du NPD au Québec devra être aussi centrée sur notre capacité à construire une organisation efficace au Québec. Nous devons nous assurer que le NPD soit présent dans toutes les régions du Québec et puissent sentir le pouls de la population.

À cet effet, je propose que l’on se donne les moyens de nos ambitions en embauchant des organisateurs au quatre coins du Québec. Ces agents de changements seront en relation avec les associations locales, les députés, nos membres et les candidats potentiels afin de rebâtir une force politique en vue de l’élection de 2019.

Dès mon élection à la direction du parti, je m’engage à embaucher 10 organisateurs pour le Québec. Ces organisateurs seront répartis sur le territoire du Québec dans le but de cibler 60 circonscriptions identifiées prenables ou à maintenir. (voir Tableau 1.1 ci-bas)

Le Québec au coeur de notre démarche

Au milieu des années 2000, la modernisation de l’offre politique du NPD pour le Québec s’est effectuée notamment par le militantisme d’une nouvelle génération qui a contribué à la renaissance du NPD au Québec. J’en faisais partie.

Jack savait que pour susciter l’adhésion, les militants et militantes doivent être au coeur de la démarche. Ces militants et militantes sont parmi les racines du NPD au Québec, plusieurs ont été candidats et candidates, certains sont maintenant député.e.s !

Ma proposition de modernisation de l’offre politique au Québec suivra le même chemin. Sous mon leadership, Je veux impliquer nos députés et députées du Québec, nos membres de la section Québec afin que l’on puisse être tous fiers du travail accompli.

L’identité québécoise est centrale à l’identité canadienne. L’objectif d’une modernisation de la Déclaration de Sherbrooke est de se doter de principes clairs afin que le Québec puisse continuer à être le Québec qu’on aime tous d’un océan à l’autre, culturellement vibrant et francophone.

Je me suis lancé dans cette course pour devenir le prochain chef du parti et aussi le prochain Premier ministre du pays. Le Québec est au coeur de ma démarche. Il doit être au coeur de notre démarche à tous et toutes, et peu importe notre provenance au pays.

 

Tableau de la répartition des circonscriptions au Québec

 

Région

Députés

2e place

Total des circonscriptions

Cible

% d’appuis et rang

Gaspésie-Bas-Saint-

Laurent

1

1

4

4

30.3% (2)

Lévis-Beauce-Chaudière-Appalaches

0

0

4

1

14.9% (4)

Estrie

2

3

7

6

27.1% (2)

Saguenay-Lac-St-Jean

1

2

3

3

29.1% (1)

Capitale-Nationale

0

3

7

4

21.2% (3)

Abitibi-Témiscamingue-

Nord du Québec-Côte-Nord

2

0

3

3

32.3% (1)

Mauricie-Lanaudière

2

1

7

7

27.4% (3)

           

Laval

0

4

4

4

22.1% (2)

Nord de l’île de Montréal

0

4

5

1

21% (2)

Est de l’île de Montréal

3

0

4

4

36.5% (1)

Centre de Montréal

1

4

6

4

24.3% (2)

Ouest de l’île de Montréal

0

0

3

0

13.8% (3)

Montérégie

3

1

7

7

27.7% (2)

Rive Sud-

Haut-Saint-Laurent

1

2

5

3

24.7% (2)

Laurentides-Mirabel

0

4

6

6

27.7% (2)

Outaouais

0

3

3

3

26.7% (2)

Total

16

32

78

60

 

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